RSS:
Publications
Comments

Vendémiaire : une nouvelle maison d’édition en histoire

Le premier mois du calendrier révolutionnaire. Un programme, et une ambition : l’espoir d’une refondation. Refusant les préjugés et les allégeances idéologiques, ouverts à toutes les écoles comme à toutes les tendances, nous entendons offrir aux historiens un lieu où publier et confronter leurs idées.

Pour cela, il importe de revenir aux sources qui sont au fondement même de la discipline. Nos collections et nos ouvrages s’appuient d’abord sur les archives, qu’elles soient documentaires ou orales, et sur les témoignages. Être au plus près du réel, à hauteur d’individu, pour rendre compte de l’épaisseur et de la complexité du passé.

L’histoire n’est pas une science, c’est d’abord un récit. Une lecture, loin du jargon et de l’académisme. Une invitation à comprendre, à apprendre, à déchiffrer.

Les deux premiers titres des éditions Vendémiraire, disponibles en librairie cette semaine :

Maquis noirs et faux maquis

Une enquête au plus près des archives, un livre qui va à l’encontre des représentations officielles et rouvre sans parti pris un dossier jusqu’à présent réservé à des publications partisanes.

Au moment du débarquement et depuis déjà plus de deux ans, de très vastes portions du territoire, de l’est au Morbihan, échappent au contrôle de la police de Vichy comme à celui de l’occupant. Et les maquisards authentiques ne sont pas les seuls à vivre et combattre en marge de la France officielle. A côté de figures incontestables, comme celles de Guingouin ou de Romans-Petit, des individus charismatiques au passé trouble, « Soleil », Lecoz, « Mickey » ou « Bayard », rançonnent l’habitant, font régner leurs propres lois sur les populations et une justice souvent expéditive au sein de leurs propres troupes.

Escrocs, truands, déserteurs, ces profiteurs de la guerre ont pu enrôler des combattants de bonne foi. C’est pourquoi il a pu paraître si difficile de distinguer vrais et faux maquis, dans un contexte où les règlements de comptes entre gaullistes et communistes étaient de règle. A travers une passionnante plongée dans les archives (rapports de gendarmerie et de police, procès de la Libération), Fabrice Grenard nous aide à mieux cerner les contours de cette zone grise, entre résistance déclarée et banditisme, qui s’est étendue à tout le territoire, pour le plus grand profit de la propagande de Vichy.

Un million de prisonniers allemands en France 1944-1948


Sur un sujet méconnu de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, un travail de recherche, au plus près des sources. Un million : c’est le nombre de soldats allemands retenus prisonniers en France après la défaite de leur pays, à partir de juin 1944, et jusqu’en décembre 1948.

A travers les registres des camps, les archives départementales et celles de la gendarmerie, les carnets et les correspondances privées, c’est cet étonnant itinéraire collectif que retrace ici Valentin Schneider. Un parcours qui, des commandos de déminage aux travaux des champs, en passant par la difficile cohabitation avec la population, a constitué une aventure humaine complexe, où la faim, les privations, les mauvais traitements et la mort ont trouvé leur place, mais aussi une étonnante expérience de vie commune, dans un pays confronté aux défis de la reconstruction.

En 1948, 20 % de ceux qui restaient employés sur le territoire ont choisi de demeurer en France. Leur histoire, comme celle de tous leurs compatriotes retenus pendant quatre années dans des camps de travail, n’avait pas encore été écrite.