RSS:
Publications
Comments

L’enseignement de l’histoire-géographie menacé ?

histsar

L’Association de promotion de l’archéologie ArkéoTopia publie un communiqué sur la réforme Chatel :

« L’Association des professeurs d’histoire-géographie (APHG) a lancé un appel, samedi 5 décembre, pour le maintien d’un enseignement obligatoire d’Histoire et de Géographie en Terminale scientifique.

Si ArkéoTopia ne partage pas la position de l’APHG dans la forme, regrettant notamment des paroles comme celles de Hubert Tison (Secrétaire Général de l’APHG), nous soutenons son travail dans le fond, jugeant indispensable le maintien d’un enseignement obligatoire d’Histoire et de Géographie en Terminale scientifique.

En effet, lorsque M. Tison présente cette réforme comme une « volonté de rupture avec les humanités et avec des valeurs supposées être de gauche »1, ArkéoTopia insiste sur le fait que ces valeurs ne relèvent d’aucun parti politique mais sont universelles, et lorsqu’il ajoute que « dans une vision utilitariste de la société, tout enseignement qui ne débouche pas sur un métier concret est mal vu »2, ArkéoTopia défend que l’enseignement de l’Histoire-Géographie débouche sur des métiers concrets à qui sait en donner les clefs.

Concernant le fond du sujet, et à la différence de ce qui en est dit dans l’article « Filière scientifique : la fin de l’histoire ? »3 du journal Le Monde, l’appel de l’APHG ne s’adresse pas seulement aux historiens. Archéologues ou historiens de l’art, ethnologues, philologues…, tous ceux qui travaillent sur les questions du passé sont concernés par cet appel, notre production participant de la diffusion des connaissances du passé qui se retrouvent dans l’élaboration des manuels scolaires.

C’est à ce titre que nous soutenons la pétition de l’APHG et en plein accord avec les propos comme ceux des signataires d’un article du Journal du Dimanche évoquant « À l’heure de la mondialisation, les futurs bacheliers scientifiques n’auraient donc nul besoin de se situer dans le monde d’aujourd’hui par l’étude de son processus d’élaboration au cours des dernières décennies, pas plus que par l’analyse de sa diversité et des problèmes qui se posent à la planète et à son devenir. »4

Nous pouvons regretter, alors que de nombreux archéologues ont signé à titre personnel la pétition de l’APHG, le manque d’engagement des syndicats et des associations d’archéologie tout autant concernés que l’APHG et les autres associations qui ont collaboré à proposer des amendements à cette réforme. Outre avoir signé la pétition de l’APHG, nous avons souhaité, à notre niveau, attirer l’attention sur leur travail.

Sous une forme ou sous une autre, il est impératif que l’enseignement d’Histoire-Géographie soit maintenu et obligatoire jusqu’au bac toutes filières confondues. Si les raisons n’en sont pas les mêmes pour toutes les filières, elles impliquent toutes ce maintien.

En effet, pour le lycée, cet enseignement dépasse largement le travail des historiens et géographes car il touche autant à l’archéologie ou histoire de l’art, qu’à l’ethnologie, l’épigraphie… Non seulement, il fournit un cadre de référence permettant de se situer dans le monde pour ceux qui ne poursuivront pas sur l’Histoire du passé, mais il fournit aussi une initiation à ceux qui poursuivront en université ou en grandes écoles et qui deviendront demain enseignants, médiateurs du patrimoine, journaliste, conservateurs, chercheurs…

Pour ArkéoTopia,
Dr. Jean-Olivier Gransard-Desmond

Ce communiqué a été envoyé à l’APHG, au collectif Sauvons la Recherche, ainsi qu’à la Mairie du 7ème arrondissement où l’association a son siège. »

Notes:

1 : source, « Sauver l’histoire ! », Le Journal du Dimanche du 5/12/09.
2 : source, ibid.
3 : source, « Filière scientifique : la fin de l’histoire ? », Le Monde.fr du 7/12/09.
4 : source, Tribune donnée dans le Journal du Dimanche du 5/12/09.

Source : http://www.arkeotopia.org/site/article.php3?id_article=73