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Motion « Sauvons le CAPES d’Histoire-Géographie »

Motion des membres et anciens membres du jury de CAPES d’Histoire & Géographie :

La majorité des membres du jury de Capes externe d’histoire et géographie ont voté l’année dernière, comme de nombreux autres jurys de CAPES, une motion « Sauvons les Concours » demandant instamment une tout autre réforme. Nous avons pris connaissance des propositions des ministères de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche datées des 13 et 18 novembre 2009 sur LA REFORME DES CONCOURS DE RECRUTEMENT DES ENSEIGNANTS, mais celles-ci ne répondent pas à nos attentes. Différentes organisations (syndicales, CPU, CDIUFM, etc.) ont déjà exprimé leur opposition au projet. Nous souhaitons, en tant que membres du jury du CAPES externe d’Histoire et Géographie, mettre plus particulièrement l’accent sur les quatre points qui relèvent directement de notre expertise, à savoir :

* 1. Le passage de 3 à 2 épreuves orales d’admission signifie, pour le CAPES d’Histoire et Géographie, un préjudice considérable dans l’évaluation équitable de la double compétence, en Histoire et en Géographie, des futurs professeurs de collèges et lycées.
Dans le système actuel, les candidats, quelle que soit leur discipline de formation en licence – Histoire ou Géographie – ont droit à une évaluation dans chacune des deux disciplines qu’ils auront à enseigner. En outre, on vérifie également leur connaissance de l’histoire des disciplines et leur aptitude à mener une réflexion épistémologique dans les deux disciplines. Une évaluation seulement en histoire ou seulement en géographie, résultant de la diminution du nombre des épreuves de trois à deux, aurait des conséquences désastreuses.
Si le candidat choisit lui-même celle des deux disciplines dans laquelle il sera évalué à l’oral, ceci va à l’encontre de la nécessaire bivalence des candidats, appelés à enseigner l’Histoire et la Géographie (sans parler même de l’éducation civique).
Mais en cas de tirage au sort entre les deux disciplines, celui-ci établirait une inégalité fondamentale et structurelle entre les candidats à ce concours car ceux qui composeraient dans leur discipline de formation auraient un avantage décisif sur leurs camarades moins chanceux.
Une seule épreuve d’histoire et géographie ne répondrait pas non plus aux exigences de sérieux du recrutement de professeurs maîtrisant les disciplines qu’ils auront à enseigner.
C’est pourquoi nous demandons, au nom de ce principe d’équité et de la nécessaire bivalence des enseignants d’Histoire-Géographie, le maintien de trois épreuves orales pour le CAPES externe d’Histoire et Géographie.

* 2. Il ne nous semble pas cohérent d’affirmer tout à la fois que les épreuves d’admissibilité « ne comporteront pas d’évaluations à caractère didactique ou pédagogique » et d’indiquer que « les programmes scolaires devront constituer l’univers de référence des savoirs évalués ». L’expression même d’« univers de référence » est suffisamment vague pour laisser place à de nombreuses interprétations contradictoires. Nous souhaitons voir réaffirmé ici le caractère disciplinaire du programme du CAPES externe.

* 3. Le calendrier du concours ne nous paraît pas pouvoir correspondre à celui d’un concours pourvu d’un « programme ». Fixer au 1er décembre les épreuves d’admissibilité ne laisse guère plus de deux mois pour préparer les candidats à ce « programme ». L’argument qui consiste à laisser penser que, de la sorte, « les étudiants qui le souhaitent pourront se présenter la même année aux concours du premier et du second degré » nous semble méconnaître totalement la réalité de l’investissement nécessaire pour préparer des concours de nature très différente. Lorsque les candidats choisissent de préparer deux concours à la fois, il s’agit le plus souvent du CAPES et de l’Agrégation.

* 4. C’est pourquoi il nous paraît indispensable de maintenir un lien étroit entre les programmes de CAPES et ceux des agrégations d’Histoire et de Géographie, afin de ne pas réserver la préparation de celles-ci à une élite très étroite. Il nous semble tout aussi nécessaire de placer les épreuves d’admissibilité du CAPES externe en fin d’année universitaire (sans doute en fin de M1, et non de M2 comme cela a été proposé par les groupes techniques ad hoc).

Sans une évolution radicale des quatre points évoqués, qui tienne pleinement compte de notre analyse, le concours deviendrait inéquitable, incohérent et asynchrone, et ne saurait par conséquent répondre aux exigences d’un concours d’État. De ce fait les membres soussignés ne participeraient pas aux jurys de ce nouveau concours et invitent leurs collègues à faire de même.

Liste des signataires