À propos d’Annette WIEVIORKA, Eichmann. De la traque au procès, Éditions André Versaille, 2011.
Ben Gourion par le procès Eichmann entendait donner au monde une leçon d’histoire sur le génocide juif. « Leçon d’histoire » c’est également le sentiment ressenti par le lecteur avisé à la fermeture de cet ouvrage remarquable.
Annette Wieviorka nous livre ici 280 pages d’une grande richesse qui répondent à tous les canons de l’Histoire : un questionnement pertinent, une bibliographie témoignant de sa connaissance historiographique du sujet et surtout de multiples sources. Il s’agit ici d’une réédition de son ouvrage paru en 1989 mais cette version tient compte de toutes les avancées réalisées depuis 20 ans. Certes, il permet de profiter du cinquantième anniversaire du procès, mais il ne s’agit nullement d’une réédition n’apportant aucune nouveauté. Jusqu’au dernier moment l’historienne n’a cessé de réactualiser ce livre, ainsi à la page 17 elle cite un article paru dans un journal le 12 janvier 2011 alors que la fin d’impression est datée d’avril 2011.
L’auteur ne cherche pas non plus à livrer un portrait d’Eichmann, celui-ci ayant été parfaitement réalisé par David Cesarini (Adolf Eichmann, Tallandier, 2010). Ici le personnage principal n’est pas Eichmann mais bien le procès depuis son point de départ jusqu’à ses conséquences. Comment a été capturé Eichmann ? Était-ce légitime ? Comment s’est déroulé le procès ? Quelle est la signification de ce procès dans l’histoire du droit international ?
Nous reviendrons d’abord sur les débats suscités par ce procès, avant de montrer la résonnance de l’évènement pour le peuple juif puis à l’échelle mondiale et nous insisterons sur la méthode de l’auteur.
I – Un objet d’histoire controversé
Le procès a été contesté avant, pendant et après son déroulement.
• Avant, l’enlèvement constitua le principal point de discorde. Eichmann caché sous l’identité de Ricardo Klement en Argentine menait dans le pays une vie modeste comme contremaître chez Mercedes. Son fils invité à la table d’une famille juive allemande, dont il fréquentait la fille, y tint un discours antisémite. Le père, anciennement déporté à Dachau, fit rapidement le rapprochement entre Klement et le chef nazi puis prévint les procureurs de Francfort. Israël confia l’enlèvement au Mossad et à son chef Isser Harel. Le problème est que le commando profita de l’avion du ministre des Affaires-étrangères se rendant à Buenos Aires pour les festivités du 150ème anniversaire de l’indépendance argentine. L’Argentine fut donc le premier pays à se plaindre de l’affaire Eichmann dans laquelle elle voyait à juste titre une violation de son territoire. L’affaire portée devant l’ONU aboutit à un compromis : Eichmann serait bien jugé en Israël mais l’État devait présenter ses excuses aux Argentins et lui donner une compensation non-définie. La presse internationale produisit également de nombreux articles sur la légitimité ou non de cet enlèvement. Cela contrastait avec la joie du peuple israélien à l’annonce de la capture de l’ancien chef du RSHA.
• Comme le montre Annette Wieviorka, la couverture médiatique de ce procès favorisa les contestations. La salle de spectacle de la maison de la culture fut choisie pour abriter le procès. « Eichmanngrad » comme la nommait les Israéliens pouvait recevoir 750 personnes dont la moitié était des journalistes. Le procès fut filmé dans son intégralité. Dès l’ouverture, la contestation de la légitimité de ce procès vint essentiellement de maître Servatius défenseur d’Eichmann. Pour lui, le procès reposait sur un enlèvement illégal, ce qui le rendait caduque. De plus, les trois juges sont des Juifs allemands et à ce titre ils auraient pu être victimes du génocide, ce qui fausse leur jugement. Hausner lui répondra sur ces accusations d’illégitimité pendant 4 jours ce qui aura pour effet de vider la salle. L’avocat du diable poussera même ses arguments à l’extrême en expliquant que d’une certaine façon Eichmann était un sioniste puisque le résultat du génocide fut la création d’Israël. La plupart de ces arguments, il les répétera au fil du procès jusqu’à sa plaidoirie du 14 août. Pour lui, les 15 chefs d’accusation dont est accusé son client sont irrecevables soit parce qu’ils ont été accomplis à l’étranger et donc Israël n’a rien à dire, soit Eichmann n’a fait qu’obéir, ou bien il ne s’est rien passé de plus que dans toute guerre (spoliation des biens).
• La peine fut également un objet de polémique : si 90% des Israéliens approuvaient la peine de mort, seuls 35% des Français y adhéraient. L’auteur expose des points de vue vraiment intéressants. Ainsi, pour Joanna Ritt, qui a vécu dans le camp de Varsovie et dont toute la famille est morte dans les camps, s’oppose à cette condamnation car elle fait d’Eichmann le seul coupable et amènerait au classement de la Shoah. Pour d’autres, Israël en ne le condamnant pas à mort en serait sortie grandie. L’auteur passe assez rapidement sur les négationnistes, notamment Paul Rassinier en renvoyant à juste titre vers l’ouvrage de Pierre Vidal-Naquet (Les Assassins de la mémoire, Points Seuil, 1995). En revanche, l’argument des communistes est assez intéressant, notons au passage que l’URSS et ses satellites sont les seuls États à avoir refusé la venue des délégations israéliennes réunissant les archives pour préparer le procès. Pour eux, Eichmann est l’arbre qui cache la forêt, ainsi son principal complice dans l’extermination des Hongrois Krumey vit paisiblement en RFA de même pour Hans Globke qui avait pris des mesures anti-juives avant même l’arrivée d’Hitler est membre du gouvernement d’Adenauer. Les communistes virent ici un moyen de s’attaquer à la prétendue virginité de la RFA vis-à-vis de la Shoah. Enfin, Annette Wieviorka revient avec brio sur la polémique créée à la suite de la parution de l’ouvrage d’Hannah Arendt. En effet, beaucoup semblent avoir mal lu la philosophe notamment quand on consulte une série de lettres d’intellectuels français réunis dans le Nouvel Observateur sous le titre « Hannah Arendt est-elle antisémite ? ». Sans aller jusqu’à cet extrême, certains points sont critiquables dans son argumentation, c’est ce que met en avant l’auteur de façon solide et nuancée. Tout d’abord, elle insiste sur le fait que la philosophe allemande n’a assisté qu’au début du procès (elle n’a donc pas vu Eichmann parlé). De plus, son ouvrage n’est rédigé que bien après le procès et son essai sur la Révolution. Mais ce qui a choqué est le fait qu’elle ne témoigne aucune empathie pour les victimes et estompe la frontière entre héros juifs et « collaborateurs ». Elle est en effet particulièrement sévère envers ceux qui pour sauver leur vie ou la rendre plus confortable ont reçu des Allemands une autorité aussi minime soit elle au détriment de leurs coreligionnaires. Là où Annette Wieviorka signe un de ses passages les plus convaincants c’est quand elle attaque la forme historique dudit ouvrage. En effet, Hannah Arendt cite des personnes à de nombreuses reprises sans jamais mentionner les sources, par ailleurs celles-ci n’ont pas le caractère de rareté que leur attribue l’élève d’Heidegger puisqu’elles étaient à disposition de l’ensemble des journalistes.
Le procès Eichmann a fait couler beaucoup d’encre tant sur la forme que sur le fond. Procès auquel les Israéliens ont voulu donné une dimension autant éducative que judiciaire.
II – Du procès d’Eichmann à la leçon d’histoire
Ben Gourion parlait d’une grande leçon quant à ce procès. Encore plus que de condamner Eichmann l’objectif de ce procès est de mettre en lumière le génocide juif qui jusqu’aux années 1960 n’a été qu’un objet secondaire dans les procès des dirigeants nazis. Dans ce procès, la Seconde Guerre mondiale est mise au second plan et l’on assiste davantage à une analyse de la dialectique entre le nazisme et les Juifs depuis 1933. Comme le soulignera Servatius, à de nombreuses reprises les témoins n’ont aucun rapport avec Eichmann.
Annette Wieviorka bénéficie dans cette réédition de la biographie réalisée par David Cesarini en 2004. Eichmann a commencé à travailler dans le bâtiment, l’électricité et surtout l’approvisionnement en essence de la Haute-Autriche lui permettant d’acquérir les compétences nécessaires à sa future tâche macabre. Son père était un nationaliste allemand mais c’est une rencontre avec Ernst Kaltenbrunner qui l’amène à adhérer au NSDAP et à la SS en 1932. Il s’occupe d’abord des milieux francs-maçons puis en vient aux Juifs. À partir de 1937, il est en contact avec des organisations juives pour trouver une solution afin de leur faire quitter l’Allemagne. Les accords d’Haavarah permettent ce départ vers la Palestine si les Juifs laissent la quasi-totalité de leurs biens contre des devises.
Il est envoyé en 1938 à Vienne après l’Anschluss. Les Juifs sont dépouillés de leurs biens et obtiennent en échange un passeport pour la Palestine. En six mois, il vide l’Autriche du quart de ses Juifs. Heydrich le cite comme le spécialiste de ces questions et le désigne comme la personne la mieux adaptée en mars 1939 pour aller à Prague et s’occuper des Juifs tchèques. D’après lui, l’échec de l’exil des Juifs vers Madagascar, projet dont il s’attribue à tort la paternité, marque la fin de son enthousiasme pour ses questions. Pourtant il participe à Wannsee dont il établit le protocole. Selon son biographe David Cesarini, c’est à ce moment qu’il est devenu l’administrateur en chef de la Shoah.
L’auteur analyse ensuite la politique de défense d’Eichmann : quand il n’y a pas de preuves il nie, sinon il rejette la responsabilité sur ses supérieurs. Il insiste sur le fait qu’il n’a fait qu’obéir et n’est donc coupable que d’être un bon fonctionnaire. Chez lui ni haine, ni volonté exterminatrice, mais David Cesarini montre que son énergie déployée après Wannsee pour l’accomplissement du génocide témoigne de l’absence de scrupules.
Face à cette volonté de se décrire comme un petit rouage au sein de l’administration nazie, le procureur Hausner veut montrer le volontarisme dont fit preuve l’accusé pour débusquer les Juifs protégés ou cachés. C’est avec son passage en Hongrie que l’accusation espère révéler le vrai visage d’Eichmann. Le régent Horthy avait en effet refusé de livrer ses Juifs jusqu’en 1944. Il est finalement obligé d’accepter. Eichmann se rend alors sur place pour envoyer les 750 000 Juifs hongrois vers les camps. Entre avril et juillet, il parvient à envoyer entre 4 000 et 6 000 Juifs par jour vers les camps où ils sont immédiatement gazés. Au cours de cette période, on l’accuse également d’avoir tué de ses propres mains un jeune adolescent qui volait des cerises dans son jardin. Mais l’accusation repose sur un seul témoignage que Servatius parvient à discréditer. Ce passage révèle bien la difficulté de ce procès. Comment montrer qu’Eichmann est un monstre s’il n’a jamais tué de ses mains ? Gidéon Hausner le décrit dans son exposé introductif comme un assassin bureaucrate, un homme qui tue par des mots, des coups de téléphone, des signatures. Il est vrai que l’image de l’homme enfermé derrière sa cage de verre, prenant des notes et qui parait fragilisé ne correspond pas à celle d’un bourreau sanguinaire comme a pu le montrer Joseph Kessel couvrant l’évènement comme journaliste. Ce qui frappe chez Eichmann c’est son attitude au cours du procès, à aucun moment il ne fera preuve de compassion, impossible de déceler chez lui le moindre regret, la moindre larme face aux témoignages et aux films. Cette froideur rend peu crédible son prétendu dégoût quand il vit un camion de la mort fonctionner à Chelmno.
Il reste qu’à la fin du livre le lecteur a du mal à savoir qui était vraiment Eichmann et surtout était-il antisémite ? Il est certain que l’on ne peut que sourire quand on lit qu’au cours de son témoignage il fit rire la salle plusieurs fois car il se décrivait sans cesse comme un fonctionnaire n’ayant qu’une place modeste dans la hiérarchie. Pour autant, si on suit la décision d’exterminer les Juifs, Heydrich après avoir reçu l’ordre d’Himmler, le confia directement à Eichmann.
Par rapport à Nuremberg, la caractéristique de ce procès est le recours aux témoignages. La plupart d’entre eux n’ayant jamais eu le moindre contact avec l’accusé. Quel en était l’objectif ? Le réquisitoire d’Hausner ne s’appuiera guère dessus. Par ces témoignages, Israël entendait illustrer la réalité de la Shoah et également constituer un matériau pour ceux qui travailleront sur le génocide. Les témoins visent plus à donner un visage, une réalité à ce génocide qu’à éclairer le rôle d’Eichmann. Là encore l’accusé ne fera preuve d’aucune empathie à l’écoute de ces récits apocalyptiques.
En décembre 1961, Eichmann est reconnu coupable et condamné à la peine de mort. Il fera appel devant la Cour suprême et demandera la grâce au président Ben Zvi mais les deux maintiendront la peine initiale. Il est exécuté le 31 mai 1962 en prononçant le serment nazi avant d’entrer dans la salle et de dire : « Vive l’Allemagne ! Vive l’Autriche ! Vive l’Argentine ! Trois pays que j’ai aimés. J’ai obéi aux lois de la guerre et à mon drapeau. Je salue ma femme, ma famille et mes amis. » Il est pendu à minuit, son corps est incinéré et ses cendres dispersées au-delà des eaux territoriales israéliennes. Il reste le seul condamné à mort de l’histoire d’Israël.
Pour le lecteur, le sentiment est mitigé. On a l’impression de découvrir un homme dépassé par la chaîne de commandement, broyé par le Léviathan nazi. Mais deux éléments nuancent cette image : la fougue avec laquelle Eichmann s’est investi dans sa « mission » et son impassibilité lors du procès. Comment rester insensible aux témoignages et aux films auxquels il a été confronté ? De plus, il avait dit devant ses hommes qu’il serait heureux d’aller dans la tombe en ayant tué un million de Juifs. L’auteur ne donne pas son avis et reste profondément historienne sur cette question. C’est bien la force de cet ouvrage de ne céder à aucun raccourci et de respecter la déontologie historique de la première à la dernière page.
III – Une mise au point sur les recherches
Comme nous l’avions dit plus haut, le procès s’illustre comme le personnage central de cet ouvrage, l’auteur l’a étudié sous tous ses aspects. Elle revient d’abord sur les procès précédents afin de mieux mettre en avant les caractéristiques de celui d’Eichmann. Le procès de Nuremberg jugeant les accusés pour « crime de guerre » et la question du génocide est diluée parmi les multiples forfaits nazis. Il y eut quelques procès nationaux comme Hoess en Pologne et Wisliceny en Slovaquie. 1965 accélère les évènements car au-delà de cette date il y aura prescription. Après débat, l’imprescriptibilité des crimes contre l’humanité est déclarée. Mais le temps faisant son œuvre, la chasse aux nazis est le fait d’initiatives individuelles dont la plus marquante reste celle de Beate et Serge Klarsfeld.
Annette Wieviorka en vient ensuite au procès Barbie à la fin des années 1970. Le problème ici étant que les actions de Barbie contre les résistants sont des crimes de guerre et à ce titre il y a prescription. Les associations de résistants parviennent à les faire juger en tant que crimes contre l’humanité même si ces hommes étaient des combattants volontaires. Par cela la Cour de cassation gomme ce qui fait la spécificité du génocide juif par rapport aux autres crimes nazis. Il ne reste à l’heure actuelle que le procès d’Ivan Demanjuk en cours en Allemagne depuis 2009.
Le procès Eichmann a favorisé les recherches sur la question juive dans la Seconde Guerre mondiale et plus largement sous le nazisme. L’épicentre de ces recherches sera en terrain plus ou moins neutre aux États-Unis. Un an après la mort du « spécialiste », Rolf Hochuth s’interroge avec la pièce Le Vicaire sur les silences de Pie XII. Il reste que ce procès a déclenché quantité de recherches sur le génocide, le point positif étant que l’épicentre de ces recherches sera en terrain plus ou moins neutre aux États-Unis.
Pour mieux permettre au lecteur d’appréhender ce procès, l’auteur a eu recours à quantité de sources : journaux de l’époque, mémoires (Gidéon Hausner par exemple), archives de l’ONU au moment de la polémique avec l’Argentine, les écrits d’Eichmann et surtout les Audiences du procès. Les 3564 pages de l’interrogatoire d’Eichmann mené par Avner Less mettent en avant un homme en dichotomie avec la monstruosité de ses crimes. Les 250 heures de bande-vidéo du procès révèlent les sentiments de chacun et l’impassibilité de l’accusé. De ces sources, Annette Wieviorka livre une étude méticuleuse. On appréciera ainsi aux pages 13-18 l’interrogatoire de Dieter Wisliceny à Nuremberg et son analyse. Elle retranscrit d’ailleurs certaines sources en fin de l’ouvrage dont ce témoignage à la page 253 ainsi que le CV et la fiche personnelle de l’accusé. À la page 259, le lecteur trouvera l’intégralité du jugement par rapport aux quinze chefs d’accusation. Elle termine sur la dernière déclaration d’Eichmann qui nous éclaire un peu plus sur sa personnalité : une fois de plus il se réfugie derrière la chaîne de commandement et nie tout antisémitisme.
Comme à son habitude, l’historienne Annette Wieviorka nous livre un ouvrage méticuleux, précis et profondément historique. On y trouvera peu de jugements personnels si ce n’est à la page 237 quand elle regrette qu’en faisant rentrer toute sorte de crimes dans la définition de crimes de l’humanité on en efface la spécificité du génocide. La bibliographie est courte mais pertinente et surtout s’étend sur l’ensemble du second XXème siècle jusqu’à 2011. Ceux qui ont lu l’ouvrage de 1989 peuvent lire celui-ci, ils y verront une approche similaire mais beaucoup de points nouveaux et plus qu’une prise en compte, une refonte de son travail tenant compte des dernières avancées historiographiques et des évènements judiciaires ayant eu lieu depuis 1989.
À l’issue de cet ouvrage, Eichmann nous semble profondément inquiétant et dénué de la moindre compassion. Comment un homme a-t-il pu rester insensible face à ces témoignages, au poids des images ? Certes, ce n’était pas l’objectif du livre mais le lecteur ne trouvera pas ici la réponse sur l’antisémitisme d’Eichmann. Il est certain qu’il a obéi mais il a également prit de nombreuses initiatives et chercher à gravir les échelons de l’appareil nazi. On ne peut le voir comme un simple pion.
Plusieurs objections sont mises en avant contre la légitimité de ce procès. Mais quel aurait été le bon procès ? Fallait-il laisser Eichmann couler des jours paisibles en Argentine dont nombre de fonctionnaires ont facilité la fuite de nazis ? Eichmann est-il vraiment coupable des 15 chefs d’accusation ? Ce procès dépassait bien la personnalité d’Eichmann, il est certain que derrière l’aspect judiciaire il s’agit pour le peuple hébreu de crier au monde entier la réalité du crime dont il venait d’être victime. Les principaux responsables étant morts, Eichmann a canalisé l’ensemble des accusations. Il s’agit bien du procès d’Eichmann et aussi de celui des nazis. Mais en aucun cas, les ordres de ceux-ci n’effacent la responsabilité de celui-là.
Il n’était pas simple pour l’auteur de travailler sur un objet d’histoire encore chaud, force est de constater sa réussite. Ce sont de tels livres qui illustrent ce que doit être l’Histoire, une histoire qui se fait uniquement à partir de sources et leur interprétation. Un ouvrage à mettre dans sa bibliothèque de toute urgence !
Anthony Guyon est enseignant et doctorant au sein du groupe CRISES de Montpellier. Il prépare une thèse sur les tirailleurs sénégalais en France durant l’entre-deux-guerres.
© Le Blog de l’Histoire – http://www.passion-histoire.net – Octobre 2011








