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Grande Guerre et colonies : Le cas guyanais

Présentation de l’éditeur :

Á la mesure du temps écoulé, la Grande Guerre pourrait apparaître comme un non-événement dans l’histoire de la Guyane. Éloignée de la zone des combats, elle apparaît comme protégée et pourtant, comme toutes les « vieilles colonies », elle a versé l’impôt du sang. Pendant quatre années, elle a contribué avec ses modestes moyens à la première grande ordalie du siècle.

Pour les Guyanais de 1914, cet engagement avait un sens; en combattant pour une patrie lointaine et idéalisée ils devaient franchir la dernière étape qui les mènerait vers l’assimilation, en accomplissant le devoir dit suprême, ils attendaient jouir pleinement de tous leurs droits. Sur tous les fronts, des centaines de Guyanais ont montré à leurs frères d’armes, la force de leur conviction.


S’opposer dans l’Espagne des XVIe et XVIIe siècles. Perspectives historiques et représentations culturelles

Présentation de l’éditeur :

Le présent volume est consacré à l’étude des diverses formes d’opposition dans l’Espagne des XVIe et XVIIe siècles. Son originalité réside dans l’approche résolument pluridisciplinaire des phénomènes envisagés. L’opposition y est analysée non seulement d’un point de vue historique, mais aussi par le biais des représentations littéraires, artistiques et anthropologiques.

C’est donc un portrait de l’Espagne conflictuelle et « résistante » des Habsbourg que le lecteur trouvera dans cet ouvrage qui commence par l’étude de la critique de l’exercice du pouvoir royal à la fin du règne de Philippe II, questionne la contestation politique sous les règnes de Philippe III, Philippe IV et Charles II et s’achève par l’examen de l’opposition politique à travers des textes poétiques et dans les livres de proverbes de la même époque, contribuant ainsi à ouvrir de nouvelles perspectives non seulement pour la recherche appliquée au Siècle d’Or espagnol, mais aussi pour celle de l’époque classique dans les pays de l’Europe occidentale.


Louis XIV, l’image et le mythe

Présentation de l’éditeur :

Que n’a-t-on pas encore dit ou écrit sur Louis XIV et son règne ? Le personnage, à l’instar de son siècle, passionne les chercheurs de toutes les disciplines et a fait l’objet de nombreuses études. Pourtant, la personnalité même du souverain conserve des zones d’ombre.

Cet ouvrage a pour but d’analyser l’image du Grand Roi – celle qu’il renvoyait à ses contemporains, aux étrangers, mais également celle qu’il pouvait se faire de lui-même –, en s’intéressant plus particulièrement à la dialectique de l’homme public et de l’homme privé. L’objectif premier est de dépasser cette image publique (parfois « fabriquée », selon les termes de Peter Burke) renvoyée par Louis XIV comme roi de France pour mieux saisir l’homme.

Grand personnage d’État à la forte personnalité, le roi recourait à tous les moyens de propagande à sa disposition pour construire une image positive qui confinait parfois au mythe. En cinq chapitres seront successivement abordés le métier de roi et la fabrication de l’image royale, le goût de Louis XIV, son image véhiculée par les chroniques et les mémoires, sa contre-image et enfin la reconstruction de son image depuis le xixe siècle à travers les arts, la littérature et le cinéma.


La méritocratie républicaine – Élitisme et scolarisation de masse sous la IIIe République

Présentation de l’éditeur :

L’école de Jules Ferry, qui incarne dans la mémoire collective l’égalitarisme de la IIIe?République, est généralement identifiée à l’école rurale à classe unique, qui serait alors une véritable petite république scolaire placée sous la direction d’un de ces hussards noirs célébrés par Charles Péguy en 1913.

Mais, au-delà de ces représentations mythifiées de la communale, qu’en était-il à cette époque dans les grands établissements urbains de la capitale et de sa banlieue?

Dans le département de la Seine, berceau du modèle scolaire républicain, l’analyse des statistiques scolaires, ainsi que celle des rapports et correspondances retrouvés dans les dossiers des instituteurs et institutrices, fait apparaître la réalité d’une école modernisée offrant des conditions d’accueil de plus en plus satisfaisantes malgré les difficultés matérielles de mise en œuvre de l’obligation scolaire. La population urbaine mobilisée autour d’un enseignement primaire vécu comme un idéal émancipateur fait l’apprentissage des usages sociaux d’un capital culturel garanti par l’école grâce au certificat d’études.

Mais les archives de terrain mettent aussi en évidence les conditions moins favorables prévalant dans les écoles des quartiers ouvriers de la périphérie parisienne et de la banlieue, et témoignent de relations entre les milieux populaires urbains et l’école plus complexes que ne le laissent supposer les représentations dominantes prévalant dans la mémoire collective. Cette ambivalence des rapports de la société urbaine à l’école républicaine est indissociable du fonctionnement institutionnel de cette dernière et de l’idéologie méritocratique dont il est le reflet. La réalité historique de l’école publique urbaine de la IIIe?République peut alors nourrir une réflexion plus générale sur le rôle de l’école dans la perpétuation des inégalités sociales et culturelles.


L’identité interdite – Les expulsés allemands en RDA (1945-1953)

Présentation de l’éditeur :

L’intégration en Allemagne de l’Est des minorités allemandes d’Europe centrale et orientale expulsées à la fin de la Seconde Guerre mondiale se déroule sous autorité soviétique, pendant la construction du socialisme est-allemand. Le réfugié devient officiellement un « Umsiedler » et son intégration se construit entre exigences idéologiques et contraintes économiques. L’étude des sources aux différents échelons administratifs et politiques rend possible une différenciation des parcours d’intégration, notamment selon les catégories sociales (femmes, enfants, personnes âgées, prisonniers de guerre, etc.).

La typologie des réfugiés révèle leurs possibilités variées d’intégration: certains groupes apparaissent comme des « laissés-pour-compte » tandis que d’autres profitent des opportunités politiques du nouveau régime. Elle présente également les limites de l’intégration qui se réalise parfois dans un climat de violence et de résistances. Cette étude, concentrée sur la région de la Saxe, prend place dans une historiographie plus générale de l’intégration des expulsés dans les deux Allemagnes.

Le contexte de l’après-réunification et la confrontation des mémoires soulèvent aujourd’hui pour les victimes des expulsions des enjeux mémoriels et pour la communauté scientifique des débats.


Turcs et Français – Une histoire culturelle, 1860-1960

Présentation de l’éditeur :

La présence française en Turquie apparaît aujourd’hui comme un lointain souvenir, un fragment parmi d’autres de cet espace francophone transnational qui, de l’Europe centrale à la Méditerranée orientale, a connu son apogée au tournant du XXe siècle.

De cet archipel culturel, le rivage turc aura pourtant été le maillon fort. Nulle part la poésie, la philosophie et les ouvrages de médecine, mais aussi les manières de table, les recettes de cuisine, les articles de mode, les magazines de charme et les troupes de théâtre venues de France n’auront été aussi bien accueillis, écoutés, consommés, adaptés et réinterprétés que sur les bords du Bosphore. Pour être franco-turque, cette configuration culturelle n’a rien de symétrique. Émergeant dans le contexte de la guerre de Crimée, elle est indissociable des enjeux diplomatiques, économiques et militaires qui inspirent l’action des décideurs français en Orient. Plutôt que d’un « empire culturel » français en Turquie, cet ouvrage offre le récit d’une extraversion sous dépendance.

La culture française a été un filtre ou un levier grâce auquel les bourgeoisies ottomanes, puis turques, se sont approprié un corpus de références européennes, dans un contexte de globalisation de la culture occidentale. En outre, les dispositions impériales des exportateurs culturels n’ont jamais cessé de croiser, sur le terrain, les stratégies de distinction des importateurs culturels. L’échange franco-turc, enfin, n’est pas un fait bilatéral.

Il se noue à Paris et à Istanbul, mais aussi à Salonique, Jérusalem, Beyrouth, Odessa et Alexandrie. Outre des Turcs et des Français, il mobilise des Arméniens, des Grecs, des Juifs et des Kurdes de l’Empire ottoman, ainsi que toutes sortes d’Européens, sans compter ceux qui ne se rangent ni d’un côté ni de l’autre. Cela étant dit, l’échange culturel franco-turc est profondément transformé par les bouleversements démographiques qui affectent la Méditerranée orientale pendant la Première Guerre mondiale.

L’apparition de la « Turquie nouvelle » favorise l’assujettissement de l’échange culturel franco-turc aux acteurs étatiques. La parenthèse se referme quand la Turquie, intégrant l’alliance atlantique au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, importe les références drainées dans le sillage d’un nouveau partage de l’ordre international.


Dynamiques caribéennes – Pour une histoire des circulations dans l’espace atlantique (XVIIIè-XIXè siècles)

Présentation de l’éditeur :

Les études figurant dans cette publication visent à éclairer certaines des constantes structurant les échanges transatlantiques et à mieux repérer aussi quelques-uns
des déterminants majeurs de la complexe synergie interculturelle à l’oeuvre pendant la période coloniale au sein de l’espace caribéen. À travers cet objectif de recherche, les
auteurs entendent donc participer au renouvellement des problématiques atlantiques et caribéennes en mettant l’accent sur la notion dynamique de « circulation ».

La confrontation des situations de la caraïbe hispanophone, anglophone, francophone et, à la marge, néerlandophone, nous a paru tout à fait éclairante et opportune pour saisir ces dynamiques à la fois dans leur globalité et à travers les caractéristiques communes mais aussi les éléments de différences. Grâce à l’approche comparative, la caraïbe a pu être abordée dans son altérité et sa centralité, c’est-à-dire tant dans son rapport avec le Vieux Monde qu’entre ses diverses composantes
archipélagiques et continentales.


L’Archéologie dans l’Antiquité – Tourisme, lucre et découvertes

Présentation de l’éditeur :

Dans l’évolution de l’humanité, le sentiment d’avoir changé d’époque en période de crise et la notion d’un passé révolu ont toujours suscité le souci singulier de mieux appréhender les mondes disparus. Chez les Grecs, c’est aux temps hellénistiques, c’est-à-dire au déclin de la cité antique, qu’une archéologie a pu se dégager de l’historiographie. Les Anciens se sont donc intéressés aux vestiges matériels de leur antiquité.

Certains « lieux de mémoire » encourageaient déjà un tourisme prospère. On rêvait sur les ruines de Troie ou d’ailleurs. Mais telles trouvailles inattendues suscitaient des interrogations pertinentes, quoiqu’on crût fréquemment devoir tirer parti de la mythologie. Car les dieux inspiraient parfois des découvertes.

Le lucre motivait aussi trop souvent les prospections, et nos modernes détecteurs de « trésors » (beaucoup mieux outillés que les anciens pillards) n’ont pas d’autres mobiles. Cependant les textes nous démontrent également qu’on savait au besoin raisonner sur la vie que les hommes avaient connue jadis. Il semble finalement que, dans l’Antiquité comme de nos jours, le goût de l’archéologie implique une relation ambiguë au passé, tour à tour déploré ou idéalisé, mais dont l’évocation apparaît surtout comme l’occasion de revivre un autre temps, dans un autre monde.


Et dans l’éternité je ne m’ennuierai pas

Présentation de l’éditeur :

« Né en 1930 dans le Midi de la France, dans un milieu presque populaire, je suis professeur honoraire d’histoire romaine au Collège de France. Je me suis marié trois fois, comme Cicéron, César et Ovide. J’ai été membre du Parti communiste dans ma jeunesse et j’ai écrit des livres sur des sujets divers. Je vis depuis longtemps dans un village de Provence, au pied du mont Ventoux. »

Souvenirs d’une traversée du siècle, promenade dans l’Antiquité, réflexions profondes et anecdotes savoureuses, souvent émouvantes, récits d’expériences personnelles parfois douloureuses émaillent ce beau livre qui est comme l’aboutissement d’une vie hors norme.
Paul Veyne, le grand historien de Rome qui a bousculé tant d’idées reçues, s’y montre tour à tour facétieux, grave, indifférent à l’opinion d’autrui. Avide de culture et de poésie, détaché du monde académique, il préfère à la société des hommes la contemplation des nuages.


L’Histoire est une littérature contemporaine – Manifeste pour les sciences sociales

Présentation de l’éditeur :

« L’histoire n’est pas fiction, la sociologie n’est pas roman, l’anthropologie n’est pas exotisme, et toutes trois obéissent à des exigences de méthode. À l’intérieur de ce cadre, rien n’empêche le chercheur d’écrire. La littérarité des sciences sociales ne renvoie pas à une technique, mais à un choix : le chercheur est placé devant une possibilité d’écriture. Concilier sciences sociales et créativité littéraire, c’est tenter d’écrire de manière plus libre, plus originale, plus juste, plus réflexive, non pour relâcher la scientificité de la recherche, mais au contraire pour la renforcer.

Réciproquement, une possibilité de connaissance s’offre à l’écrivain : la littérature est douée d’une aptitude historique, sociologique, anthropologique. Les écrits du réel – reportages, enquêtes, récits de vie, témoignages – forment une littérature ouverte sur le monde, traversée par des raisonnements, désireuse non seulement de représenter le réel, mais de le comprendre. Ecrire pour dire du vrai.

Comme l’histoire peut être une littérature contemporaine, la littérature a quelque chose d’une histoire contemporaine ; et l’on pourrait dire la même chose des autres sciences sociales. Il y a là des perspectives nouvelles pour le siècle qui s’ouvre. »