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Jean Favier est mort

Né à Paris le 2 avril 1932, Jean Favier, était entré à l’École des Chartes dont il était sorti major et où il avait obtenu un diplôme d’archiviste paléographe en 1956 avant de devenir agrégé d’histoire et docteur ès lettres.

Il avait ensuite mené une carrière universitaire à la Faculté de Rouen puis à l’École Pratique des Hautes Études et à la Sorbonne.

En 1975, il était devenu directeur des Archives nationales, installées à l’Hôtel de Soubise, dans le Marais. Une fonction qu’il conservera pendant dix-neuf ans où il s’appliquera à moderniser considérablement ce secteur.

Homme d’ouverture, familier des médias, il avait été nommé président de la BNF (Bibliothèque nationale de France) en 1994 puis, en 1997, président de la Commission nationale française pour l’Unesco.

Jean Favier laisse une bibliographie impressionnante, faite de travaux spécialisés comme « Les finances pontificales à l’époque du Grand schisme d’Occident » (1966), « Finances et Fiscalité au bas Moyen Âge » (1971) et d’ouvrages grand public, comme « Philippe Le Bel », « La Guerre de Cent ans » (1980), « François Villon » (1982), « De l’Or et des épices », « Les Grandes découvertes » (1991).
Question pour l’histoire

En 1993, il avait publié un « Dictionnaire de la France médiévale », fruit de quinze ans de travail, qui permet de découvrir en près de mille pages, dix siècles de notre histoire.

Pour les éditions Fayard, il avait dirigé une Histoire de France en six tomes dont il avait lui-même rédigé le deuxième tome intitulé « Le temps des principautés. De l’an mil à 1515 ».

Il avait également dirigé la Revue historique de 1973 à 1997.

Parmi ses nombreux titres, Jean Favier avait été membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-lettres, président du conseil d’administration de l’École normale supérieure, administrateur de l’Institut national de l’audiovisuel, président d’honneur du Conseil international des Archives.

Homme de radio, il avait animé sur France Inter l’émission Question pour l’Histoire.



Polémique autour des Rendez-vous de l’histoire de Blois

L’écrivain Édouard Louis, le philosophe Geoffroy de Lagasnerie et le sociologue Didier Eribon ont annulé leur participation aux prochaines journées de l’histoire de Blois.

Ils s’opposent au choix de Marcel Gauchet, jugé par trop réactionnaire, pour en prononcer la conférence inaugurale. Leur appel au boycott, paru dans le quotidien Libération, n’a pour l’heure reçu que peu d’écho parmi les participants:

« Du 9 au 12 octobre, la 17ème édition des «Rendez-vous de l’histoire» se tient à Blois. Le thème de cette année en sera «Les Rebelles». C’est donc avec stupéfaction et même un certain dégoût que nous avons appris que Marcel Gauchet avait été invité à en prononcer la conférence inaugurale. Comment accepter que Marcel Gauchet inaugure un événement sur la rébellion ? Contre quoi Gauchet s’est-il rebellé dans sa vie si ce n’est contre les grèves de 1995, contre les mouvements sociaux, contre le PaCS, contre le mariage pour tous, contre l’homoparenté, contre les mouvements féministes, contre Bourdieu, Foucault et la «pensée 68», contre les revendications démocratiques ? Il a publié dans Le Débat tout ce que le France compte d’idéologues réactionnaires. Il a organisé des campagnes haineuses contre tous les grands noms de la pensée critique, etc..

Marcel Gauchet est un rebelle contre les rebellions et les révoltes. Participer à une manifestation «publique» (on ne peut désormais plus l’appeler «intellectuelle» ou «culturelle») qui semble vouloir lui accorder une certaine importance s’avère dès lors impossible. Ce serait faire comme si nous nous inscrivions dans un même monde que ce militant de la réaction. Cela reviendrait à être complice d’instances qui font exister dans l’espace de l’acceptable des idéologies néfastes et inquiétantes. Ce serait ratifier une entreprise de falsification, de fabrication et de mise en circulation de fausse monnaie. Bref, ce serait prendre part à l’une de ces innombrables opérations qui, dans le champ culturel, intellectuel ou médiatique, veulent toujours neutraliser les conflits ou les oppositions, installer une scène où l’on débat, ce qui revient à légitimer les opinions les plus violemment conservatrices et à construire un espace public et politique dans lequel circulent des thématiques, des problématiques et des visions engagées dans un combat contre tout ce qui cherche à affirmer un projet émancipateur et à défendre une inspiration critique.

Nous avons annulé notre participation aux Rendez-Vous de l’histoire. Mais nous croyons, plus largement, que tout intellectuel ou écrivain soucieux de l’état de la pensée démocratique et de la pensée tout court devrait boycotter cet événement cette année. Nous appelons également Michelle Perrot à démissionner de son poste de présidente de cette 17ème édition.

Geoffroy de Lagasnerie et Edouard Louis »


La fin des Lundis de l’histoire sur France Culture

Au terme de leur 48eme saison, l’émission historique phare de la station radiophonique France Culture, Les Lundis de l’histoire, tire sa révérence.

Créée en 1966 par Pierre Sipriot, elle proposait, chaque lundi, un débat autour des parutions récentes dans le domaine de l’histoire.

L’avant-dernière émission, diffusée le 23 juin, a rendu hommage à Jacques Le Goff qui en fut longtemps le producteur.

Ces dernières années, l’émission était présentée en alternance par Jacques Le Goff, Roger Chartier, Philippe Levillain et Michelle Perrot.


Napoléon et 40 millions de sujets. La centralisation et le premier empire

Présentation de l’éditeur :

Comment Napoléon gouverna-t-il le Grand Empire, soit quarante millions de sujets à son apogée ?

En choisissant de gouverner les 134 départements sans laisser d’autonomie aux autorités locales, Napoléon ne fait rien d’autre que poursuivre l’œuvre de l’Ancien Régime et plus encore de la Révolution jacobine.

Probablement est-ce même le trait le plus saillant du système autoritaire qu’il institua. L’État tout-puissant ne s’appuie pas seulement sur les préfets et les sous-préfets qu’il désigne mais aussi sur les maires qu’il nomme. C’est bien le pouvoir central qui décide de tout. En raison de ses faibles moyens et des difficultés de communication, la machine fonctionne plutôt mal et ses défaillances sont nombreuses.

C’est pourtant le legs le plus durable fait par l’Empereur à la France, et les régimes suivants ne cesseront de perfectionner la centralisation napoléonienne. Même depuis les débuts de la réaction décentralisatrice de 1982, le département demeure le cœur d’un mille-feuille administratif dont la France n’est pour l’instant pas parvenue à se défaire.
N’est-ce pas là une nouvelle preuve de la prégnance des institutions napoléoniennes ?


Vivre avec le loup ? 3000 ans de conflit

Présentation de l’éditeur :

Alors que le loup recolonise l’Europe, la question de la « cohabitation » ne se cantonne plus aux « espaces naturels ». Les régions de plaine sont touchées. Au regard de l’histoire, le processus de « restauration » qui s’effectue tient à l’inversion du statut de l’animal sauvage : jadis « nuisible », le loup est devenu, à marche forcée, « strictement protégé ».

Devant ce retour inédit, les hommes se divisent, comme ils l’ont fait des siècles durant pour chasser leur concurrent. Tandis que l’on hésite pour trouver des compromis, le loup étend son territoire. Aujourd’hui il place les sociétés humaines dans une situation inéquitable : une minorité paie le prix des décisions prises en haut lieu. Frappés de plein fouet, éleveurs et bergers protestent. La situation contraste avec le temps où un consensus régnait entre villes et campagnes.

Dans cette situation d’urgence un état des lieux s’impose à la lumière du passé et du présent, en France comme à l’étranger. Du 9 au 12 octobre 2013, une rencontre a réuni pour la première fois historiens et sociologues, géographes et écologues, chercheurs et spécialistes, acteurs et victimes, témoins et observateurs. Elle s’est tenue à Saint-Martin-Vésubie dans les Alpes-Maritimes, site emblématique du loup. En voici les résultats qui interpellent les politiques et les opinions publiques.

Vingt ans de recolonisation engagent les décideurs à tenir compte des réalités, après une réflexion contextualisée selon les territoires. L’homme et le loup ? Un contrat à renégocier.


Saint Louis

Présentation de l’éditeur :

Portrait magistral d’un des rois les plus célèbres de l’histoire de France, le Saint Louis de Gérard Sivéry brosse aussi le tableau d’une époque trouble, agitée et cruciale.
Succédant à son père Louis VIII, Louis IX monte sur le trône de France en 1226. Ce jeune roi de douze ans est placé sous la tutelle de Blanche de Castille, sa mère, et, aux côtés des anciens conseillers de son grand-père, Philippe Auguste, apprend alors l’art de gouverner.

Lorsqu’il prend véritablement les rênes du pouvoir, il met en œuvre la réorganisation de l’État et conforte son autorité. Son règne est ainsi marqué par la consolidation et l’agrandissement du domaine royal.

Fin politique, Louis IX s’assure de la fidélité de ses frères en leur cédant des fiefs stratégiques. Chevalier courageux, il prend en 1248 le commandement de la première croisade en Terre sainte. Après l’échec de cette expédition, le roi de France commence sa difficile marche vers la sainteté. Sa canonisation, moins de trente ans plus tard, scelle la légende de Saint Louis.


Les Finances des cités grecques – Aux périodes classique et hellénistique

Présentation de l’éditeur :

Disciple de Louis Robert, Léopold Migeotte, aujourd’hui professeur émérite de l’Université Laval (Québec), a d’abord étudié l’endettement des cités grecques, puis d’autres aspects de leurs finances. La synthèse qu’il offre aujourd’hui est l’aboutissement des recherches qu’il a poursuivies dans ce domaine durant plusieurs décennies. Il comble ainsi un vide longtemps déploré par le monde savant et renouvelle profondément l’étude du sujet. Il en aborde tous les aspects : modalités de l’administration des finances, plus cohérente et plus complexe qu’on ne l’a souvent prétendu ; diversité des revenus, dont trois originalités étaient la richesse des recettes patrimoniales, la diversité de la taxation et l’engagement des citoyens riches ; relative simplicité des types de dépenses. Il pose les mêmes questions dans ses deux derniers chapitres, consacrés à Athènes et à Délos.

Mettant à profit les enseignements des philosophes et des historiens grecs et surtout ceux de la documentation épigraphique, qui ne cesse de s’enrichir, il réexamine de vieux problèmes et pose de nouvelles questions. Sa démarche repose constamment sur l’analyse attentive des témoignages anciens et non sur l’application de modèles empruntés à d’autres époques ou à d’autres disciplines, car ces derniers ne suffisent pas, en raison de leur effet réducteur, à expliquer l’originalité des institutions grecques.

À chaque étape, ses analyses débouchent sur des pages de synthèse dans lesquelles il dégage les caractères marquants de ce qu’il appelle « le système financier » des cités. En effet, au-delà de leurs variantes locales et de leur évolution, les institutions financières du monde grec avaient de nombreux traits communs, dont la mise en place s’est achevée à la période classique et qui se sont maintenus durant des siècles sans changements notables.

La gestion financière des Grecs avait certes des faiblesses et des défauts, mais elle était ancrée dans l’exercice de la démocratie directe, donc soumise en tout temps au contrôle populaire : quand il était efficace, celui-ci servait de rempart contre l’envahissement de l’intérêt commun par des intérêts privés. Ce constat peut donner à réfléchir aujourd’hui.


Se nettoyer à Rome (IIe siècle av. J.-C.- IIe siècle ap. J.-C.) – Pratiques et enjeux

Présentation de l’éditeur :

L’ouvrage étudie comment les Romains de la fin de la République et du début de l’Empire envisagent les opérations de nettoyage corporel. En suivant plusieurs questions pratiques (de quoi se nettoie-t-on ? dans quel but ? où le fait-on, avec quels moyens et comment ?) et en se fondant sur des analyses anthropologiques, archéologiques et lexicologiques, on délimite les domaines dans lesquels les Romains rangent les catégories du sale, du soin corporel et de la juste présentation de soi.

Le vocabulaire de la saleté, en particulier, permet de circonscrire un ensemble varié de réalités indésirables : il n’y a pas « une » mais « des » saletés – tout est fonction de contextes – et le lexique reflète cette diversité.

La justification de la propreté, au contraire, se fonde sur des prescriptions morales remarquables par leur permanence et leur cohérence tout au long de la période. La propreté doit être entendue comme la traduction concrète de la notion plus large de soin ; et réciproquement, la saleté traduit celle de négligence. Par conséquent, être un bon citoyen, et au-delà, un être humain véritable, cela passe par la propreté – avec une insistance telle qu’elle fait de cet état un marqueur de reconnaissance sociale. Plus on est propre et « brillant », plus on se situe en haut des hiérarchies civiques.

Ces prescriptions morales aboutissent à l’émergence de cette réalité bien romaine qu’est le balneum : le lieu privilégié de l’entretien de ce modèle civique, au croisement entre univers moraux, cosmétiques et médicaux. Elles sont appuyées par un ensemble de techniques spécifiques accordant une place privilégiée au frottement du corps, à l’aide d’huile ou de détergents.


Le dernier siècle de l’empire ottoman (1789-1923)

Présentation de l’éditeur :

Après plus de trois siècles de stabilité, l’Empire ottoman se fissure de toutes parts au cours du XIXe siècle. Ceux que les Européens craignaient et admiraient au temps de leur apogée, deviennent l’objet de toutes les haines.

En presque un siècle, cet immense territoire va se réduire au plateau anatolien et se transformer en un État-nation qui donnera naissance à la république de Turquie. Une étonnante métamorphose dans l’histoire.


Mes Leçons d’antan : Platon, Plotin et le néoplatonisme

Présentation de l’éditeur :

Big-bang philosophique, le Parménide de Platon a donné naissance à un courant de pensée, le néoplatonisme, qui a ponctué toute l’Antiquité de la Grèce à Rome et dont les échos ont résonné jusqu’à la Renaissance. Texte matriciel, il a pourtant traîné après lui la réputation d’un dialogue obscur, voire abscons.

Inédits, ces trois cours de Lucien Jerphagnon (1921-2011) en délient les difficultés pour en faire apparaître l’harmonie secrète. Confrontation personnelle d’un philosophe avec un texte réputé ardu, la première série de cours, prononcée en 1973 et revue en 1979-1980, propose une analyse linéaire du texte et des fameuses hypothèses. La deuxième (1982-1983) relate l’histoire des interprétations du Parménide jusqu’à Plotin. Enfin la dernière partie fait revivre le séminaire tenu à l’université de Caen en 1983-1984, offrant une lecture commentée de La Vie de Plotin par Porphyre.

Empreintes d’oralité et de pédagogie, ces pages, très accessibles et où toujours pointent l’humour et l’intelligence bienveillante, invitent le lecteur à la rencontre non seulement d’un monument de l’histoire de la philosophie mais aussi d’un maître de l’hellénisme, un Socrate pour notre temps, Lucien Jerphagnon.