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Les guerres de Staline – De la guerre mondiale à la guerre froide

Présentation de l’éditeur :

Sur le Staline et l’URSS des années 1939-1953, je n’ai pas souvenir d’avoir lu de travail universitaire aussi sérieux et globalement indifférent au qu’en-dira-t-on (c’est-à-dire à l’historiographie occidentale dominante) depuis la généralisation à l’ensemble de l’Europe, au cours des années 1980, de la chape de plomb réactionnaire. Tout en sacrifiant d’abondance au thème du « dictateur soviétique » et en se défendant de vouloir « réhabiliter Staline », Roberts s’est livré à un bel exercice de courage intellectuel.

C’est en ce début du xxie siècle faire beaucoup pour la science historique que de résister à la marée antisoviétique qui a recouvert le champ de la « soviétologue » internationale et submergé la française. L’historien irlandais aura notablement contribué à donner satisfaction posthume à la revendication d’histoire honnête de l’URSS émise en 1964 par Alexander Werth qui – à la différence de son fils Nicolas, porté toujours plus loin au fil du temps vers la diabolisation de Staline et vers l’indulgence pour tout label antisoviétique – aima le peuple soviétique de la « Grande Guerre patriotique » et estima grandement son leader « aux nerfs d’acier » (formule empruntée au maréchal Joukov).

Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine (Paris VII)


Décès de Marc Vénard

Né en 1929, ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé et docteur en histoire, Marc Vénard, l’un des plus grands spécialistes de l’histoire religieuse du XVIe siècle, s’est éteint à son domicile rouennais le 11 novembre 2014.

Professeur émérite d’histoire moderne des Universités de Rouen et de Paris Ouest Nanterre La Défense, il avait présidé la Société d’histoire ecclésiastique de la France devenue la Société d’histoire religieuse de la France et a dirigé la Revue d’Histoire de l’Eglise de France (RHEF).

Il a notamment assuré la direction d’une partie de la monumentale Histoire du chrtistianisme publiée aux éditions Desclée de Brouwer dans les années 1990.


Martin Luther – Rebelle dans une époque de rupture

Présentation de l’éditeur :

Avec cet ouvrage de référence, on sort de l’histoire religieuse « ecclésiastique », en général apologétique, pour faire la biographie et le portrait d’ « un homme qui était marqué par son temps et qui a marqué son temps ». Ce qui signifie que Martin Luther est fortement replacé dans son contexte multiple – historique, géographique, social, économique, culturel, politique et religieux – et dans l’état des mentalités de son temps.

D’autre part, que la Réforme du réformateur de Wittenberg est replacée aussi dans le contexte des autres réformes de son temps, et notamment celle du catholicisme – dont certaines ont commencé dès la fin du XV° siècle. Cela signifie aussi absence de complaisance pour marquer les limites du personnage Luther et de la Réforme – par exemple son caractère très européen alors que de nouveaux mondes opèrent, en Espagne et au Portugal, dans le sens d’une mondialisation du christianisme ; ou encore ses conflits internes innombrables, au sein même de la « confession » protestante naissante, avec ses compagnons de foi. Néanmoins, cette biographie qui réunit une énorme documentation est aussi très « empathique » pour son héros, un génie religieux dont elle restitue avec précision le parcours.

Heinz SCHILLING (né en 1942) est un historien allemand internationalement reconnu. Il a été professeur à Bieldefeldt, Osnabrück , Giessen et à la Humdoldt Universität de Berlin, dont il est émérite depuis 2010. Spécialiste des débuts de la période moderne (XVI° – XVII siècle) en Allemagne, il est considéré comme « la » référence de l’époque dite « confessionnelle », c’est-à-dire de l’époque qui vient immédiatement après la Réforme et qui se caractérise par une division politique des Etats voire des régions européens selon la confession du prince, en suivant la formule bien connue cujus regio ejus religio. Les travaux de H. Schilling sur le confessionnalisme ont profondément renouvelé la question.


Histoire de la Réformation

Présentation de l’éditeur :

Depuis sa parution en Allemagne en 2009, cette histoire de la Réformation de Thomas Kaufmann s’est imposée comme l’ouvrage de référence sur le sujet, salué unanimement dans les grands médias et la presse spécialisée. Son édition française vient à point nommé remplacer nombre de manuels désormais datés sur cette période ou inscrits dans des approches plus sectorielles.

Très attentif aux débats historiographiques contemporains, le livre refuse toutes les interprétations idéologiques de la Réformation qui cherchent à y lire soit la naissance du monde moderne, soit une péripétie du Moyen Age finissant, pour étudier le phénomène historique dans toutes ses complexités et singularités. Outre les aspects politiques et théologiques, l’auteur accorde une grande importance à l’histoire sociale, des pratiques religieuses et des médias (développement de l’imprimerie). Cette pluridisciplinarité lui permet de tracer une fresque différenciée et extrêmement riche de cette époque cruciale de l’histoire européenne.


L’histoire de l’Affaire Dreyfus de 1894 à nos jours

Présentation de l’éditeur :

Dans l’importante bibliographie consacrée à l’affaire Dreyfus, peu nombreuses sont les histoires de l’événement. A côté de la grande synthèse de Jean-Denis Bredin, et les précis publiés au Livre de Poche (Cahm), à La Découverte (Duclert), chez Gallimard (Birnbaum), le Que-sais-je ? (Miquel), la seule véritable histoire de l’Affaire remonte à Joseph Reinach publié au début du XXe siècle et récemment réédité.

Il est la référence « incontournable » mais une référence incomplète (nous avons appris beaucoup depuis 1908) et souvent discutable dans la mesure où, acteur de l’événement, Joseph Reinach prend parfois des partis pour le moins discutables ou que nous savons aujourd’hui contraires à la vérité historique. La grande histoire de l’Affaire reste donc encore à faire. Le projet d’une nouvelle Histoire de l’affaire Dreyfus se propose d’offrir une vision plus proche de ce que fut l’événement et de le dépasser pour en observer les échos et les représentations jusqu’à 2012.

Pour cela, il repose sur un important travail de documentation : la lecture de tout ce qui a été édité pendant l’Affaire, après l’Affaire (et ce jusqu’à aujourd’hui), le dépouillement systématique de toute la presse publiée entre 1894 et 1908 puis de quelques périodes clés (l’Occupation, par exemple), les fonds des archives départementales et, surtout, des archives peu ou pas exploitées (papiers Joseph Reinach, famille Dreyfus, Salomon Reinach, Paul Meyer, Gaston Paris, Scheurer-Kestner, famille Dreyfus, Bernard Lazare, Zadoc Kahn, Arconati-Visconti, Havet, Barrès, Poincaré, Zola, Waldeck-Rousseau, etc.) ou inédites (papiers Billot, notes de Dreyfus pour ses procès, lettres de Zola à Labori, fonds Lipschutz, Desachy, Mathieu Dreyfus, souvenirs et mémoires de Jourdy, Krantz, Bard, papiers Forzinetti, Bertulus, du Paty de Clam, Demange, Ménard, Ribot, Dardenne, Grimaux, Caillaux).


Histoire politique de l’affaire Dreyfus

Présentation de l’éditeur :

L’affaire Dreyfus est souvent décrite comme un coup de massue tombant sur le jeu politique. Or c’est la crise politique larvée qui permit à l’erreur judiciaire initiale de devenir une affaire majeure, la première tentant d’ignorer la seconde, puis la récupérant tardivement pour relancer le régime et en empêcher la réforme. Cette vision heurtera sans doute ceux qui veulent d’abord voir dans l’Affaire un grand combat moral, mais cet élargissement de la perspective révèle les défaillances du moment et les déceptions ultérieures.

Pourquoi une erreur judiciaire est-elle devenue l’Affaire tout court ? Pourquoi l’opinion publique et la classe politique ont-elles été si longtemps hostiles aux dreyfusards ? Pour analyser le paysage et le climat où a surgi l’affaire Dreyfus et mieux en comprendre les évolutions puis l’insatisfaisant dénouement, il faut examiner les structures du régime qui la subit tant bien que mal ; la Troisième République et l’affaire Dreyfus s’éclairent dès lors l’une et l’autre.

Bertrand Joly, ancien conservateur aux Archives nationales, enseigne à l’université de Nantes. Il a notamment publié un Dictionnaire biographique et géographique du nationalisme français, 1880-1900 (H. Champion, 1998), Paul Déroulède (Perrin, 1998) et Nationalistes et Conservateurs en France, 1885-1902 (Les Indes savantes, 2008).


La question d’Orient

Présentation de l’éditeur :

Depuis le XVIIIe siècle et jusqu’à aujourd’hui, la zone qui s’étend des Balkans à l’Afghanistan cristallise des tensions aussi bien internationales que propres à l’«Orient». Ce sont ces tensions que Jacques Frémeaux analyse dans une synthèse innovante, en les replaçant dans le temps long. De la volonté de contrôle de la route des Indes à la convoitise des hydrocarbures qu’elle recèle, cette région n’a en effet cessé de faire l’objet d’affrontements entre les grandes puissances.

Ce vaste espace, qui correspond presque exactement à l’antique empire d’Alexandre, a ainsi constitué, depuis l’entrée des flottes de la tsarine Catherine II en Méditerranée (1770), un champ disputé par la Russie et l’Angleterre, avant de se retrouver, après 1945, au cour du conflit opposant la Russie et les Etats-Unis. Mais, d’ouest en est, ce sont surtout des peuples qui se succèdent, qui se cherchent et se déchirent entre les séductions de la modernité et le refus que lui oppose la tradition.

L’«Orient», qui s’affirme toujours plus comme exclusivement musulman, devient alors un objet de fascination et de peur pour un «Occident» dominateur et manipulateur. Après le temps des empires (ottoman, persan et moghol des Indes) est venu celui des Etats-nations, souvent nés dans la douleur, comme Israël et le Pakistan. Mais aucun changement n’a mis fin au «grand jeu» géopolitique, jalonné d’épisodes majeurs, de l’occupation de l’Egypte par Bonaparte à la dernière guerre du Golfe, et dont de nouveaux chapitres s’écrivent sous nos yeux.

Jacques Frémeaux est professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris IV-Sorbonne. Normalien, agrégé d’histoire, docteur ès-lettres, membre de l’Institut universitaire de France, il est spécialiste de l’histoire coloniale et du Moyen-Orient. Il a notamment publié, parmi une vingtaine de titres, La France et l’Islam depuis 1789 (PUF, 1992, prix Robert Cornevin de l’Académie des Sciences d’Outre-mer) et plus récemment De quoi fut fait l’Empire.


Dictionnaire de la Collaboration – Collaborations, compromissions, contradictions

Présentation de l’éditeur :

La Collaboration, entre 1940 et 1944, n’est pas une invention du vainqueur allemand ; celui-ci occupe, administre, persécute, pille, sans se soucier de l’approbation du vaincu. C’est le vaincu qui, le premier, recourt à ce mot et lui donne un contenu dans l’espoir – vite devenu illusion – d’en tirer profit. La Collaboration implique l’acceptation de la défaite et de l’armistice qui en découle. Concept mouvant et évolutif, elle suppose une adaptation permanente aux circonstances, aux exigences de l’occupant, aux besoins des Français, au déroulement de la guerre mondiale.

Elle se caractérise par une extraordinaire diversité d’attitudes et de comportements, et revêt des formes et des degrés d’implication très variables selon les personnes, les milieux, les régions, les moments. Recensant les notions, événements, lieux, organismes, publications et acteurs de la Collaboration sur le territoire français, faisant également état de la mémoire du phénomène (devenir de l’idéologie, historiographie, filmographie…), ce dictionnaire ouvre des perspectives en donnant à voir la réalité complexe de la Collaboration en France entre 1940 et 1944.


Sous les bombes – Nouvelle histoire de la guerre aérienne (1939-1945)

Présentation de l’éditeur :

Les chiffres sont ahurissants : au cours de la Seconde Guerre mondiale, 600 000 civils européens trouvèrent la mort lors des bombardements et plus d’un million d’autres furent grièvement blessés. Dans cette sombre comptabilité, la France, où l’on dénombre le plus fort tonnage de bombes larguées, occupe une place particulière. Des villes entières furent dévastées sous les bombes alliées, parfois même rasées à l’instar de Vire, Saint-Lô, Lisieux, Coutances mais aussi Royan ou encore Le Havre.

La terre semblait en éruption, selon le mot d’un pilote de la RAF qui avait bombardé Caen… Puis le silence retomba durant des années. Le souvenir aussi était tabou. Tant de questions restaient en suspens, parmi lesquelles, la plus cruciale : fallait-il bombarder l’Europe ? Pour y répondre, l’historien Richard Overy a mené des recherches dans tous les pays des anciens belligérants. Dans un travail inédit et résolument neuf, il s’interroge sur les commandements militaires, les stratégies, les différents raids (le Blitz, Hambourg, Dresde, Monte Cassino).

Si les bombardements, comme il le souligne, étaient soumis aux impératifs politiques (Churchill en était partisan) et militaires, ils ne furent jamais un moyen de gagner la guerre. L’historien raconte le quotidien terrifiant des aviateurs sous pression maximale, rappelle les grandes heures de la défense passive, l’héroïsme des civils face à la précision approximative des bombardiers. Pourtant les attaques meurtrières échouèrent à détruire l’économie ennemie, plus encore à déprimer les civils.

Ce constat de l’échec se double de la question morale des frappes contre les populations. La destruction à l’aveugle, l’acharnement manifeste à tuer lors de certains bombardements sont au coeur de cette histoire que l’auteur a voulu, de bout en bout, très humaine.


Le passé de la Russie est imprévisible – Journal de bord d’un enfant du dégel

Présentation de l’éditeur :

Andreï Gratchev est un «enfant du dégel», l’un de ces Russes nés sous Staline mais dont la jeunesse se déroule alors que Khrouchtchev relâche la pression. Il évoque avec finesse ces années 1960, quand le rêve de modernisation bouillonnait sous la chape de la Guerre froide. Mais l’espoir d’offrir un contrepoids socialiste à la toute-puissance du capitalisme s’envole bientôt. Voici le temps de Brejnev, l’immobilisme des vieillards, la sclérose totale du Parti…

Tout ce à quoi Mikhaïl Gorbatchev et ses proches opposeront leurs grandes espérances. Ce sera la Perestroïka. Avec des scènes dignes d’un roman, Andreï Gratchev s’impose à la fois comme témoin et lucide analyste de ce deuxième dégel. Son enquête se poursuit jusqu’aux crises d’aujourd’hui : comment penser le monde après la disparition des deux blocs ?

Quelle alternative – respectueuse de l’homme et de la planète – offrir au capitalisme sauvage dont s’accommodent si parfaitement les régimes autoritaires postcommunistes et/ou nationalistes ? Sous ce récit vif, d’un humour subtil, couve la flamme jamais éteinte d’un grand idéal et d’un enthousiasme qu’aucun revers et aucune déception ne peuvent éteindre.

Face à un monde qui se glace à nouveau, Andreï Gratchev appelle de ses voeux un troisième dégel.