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Apprendre, produire, se conduire. Le modèle au Moyen Âge

Présentation de l’éditeur :

Cet ouvrage a pour objet la place du modèle dans la transmission médiévale des savoirs, qu’il s’agisse des connaissances intellectuelles, des savoir-faire dans la production des objets, des normes de comportement ou encore des modèles de vie religieuse.

Dans ces différents champs, la question du modèle apparaît comme un prisme de l’enquête historique, dans le sens où la transmission des savoirs s’appuie très largement et concurremment sur l’exemplarité et sur la reproduction. Le modèle peut être une personne éminente ou exceptionnelle, la synthèse d’un ensemble d’observations et d’expériences, qui permettent à un individu ou un groupe de construire son savoir, son savoir-faire ou son savoir-être.

Le geste, l’image, la parole, l’écrit apparaissent donc comme autant de supports de la transmission. Dans le domaine de l’histoire de la culture matérielle, cette perspective peut mener à s’interroger sur les modalités et les supports de la transmission des savoir-faire. Elle peut aussi conduire à mettre en évidence la place du modèle et celle du patron dans la production: il peut s’agir du geste ou de l’image que l’on imite, mais aussi d’objets spécifiques qui peuvent faire fonction de prototype, parfois en vue d’une répétition presque mécanisée.


Une Antiquité tardive noire ou heureuse ?

Présentation de l’éditeur :

La christianisation progressive de l’Empire romain dans l’Antiquité tardive (du IIIe au VIe siècles) correspond-elle à un modèle de développement spirituel et à une évolution historique « heureuse » que l’on peut considérer comme une délivrance et un progrès ou au contraire comme une période « noire » où règnent les persécutions, les violences, les censures et les masques?

On souligne ici l’importance des résistances intellectuelles et littéraires face à la volonté universaliste de la nouvelle religion.
Ce colloque recueille les réflexions de spécialistes qui poursuivent ainsi un débat de grande importance, toujours renouvelé, et en infléchissent ou en complètent les conclusions.


Verdun 1916 – Une histoire franco-allemande de la bataille

Présentation de l’éditeur :

Cet affrontement extraordinaire raconté par deux historiens de la Grande Guerre connus l’un en France, l’autre en Allemagne, et publiée simultanément dans les deux pays, est la première histoire de la bataille de Verdun à croiser les deux points de vue. Plus longue et plus dévastatrices que les autres batailles de la Première Guerre mondiale (plus de 700 000 morts), Verdun apparaît comme le lieu d’une des batailles les plus inhumaines auxquelles l’homme se soit livré : l’artillerie y cause 80 % des pertes, le rôle des hommes y consiste surtout à survivre-et-mourir – dans les pires conditions sur un terrain transformé en enfer, tout cela pour un résultat militaire nul.

Les batailles suivantes s’organisent autour d’une question centrale, celle du « mythe » de Verdun. Comment expliquer que cette bataille ait dans la mémoire française un statut si exceptionnel qu’elle résume toute la guerre ? Est-ce en raison de la violence extrême des combats, des souffrances inouïes des soldats, qu’elle est devenue le symbole même de la guerre ? Accompagné de cartes et d’index, ce livre à la fois vivant, concret et solide s’efforce de nous donner les clés nécessaires pour comprendre pourquoi cette bataille est devenue un tel « mythe ».


Histoire de la France contemporaine – Tome 5, Gagner la paix 1914-1929

Présentation de l’éditeur :

Le 11 novembre 1918, au terme d’un conflit d’une ampleur inédite, Georges Clemenceau prévient : « Nous avons gagné la guerre, mais maintenant il va falloir gagner la paix, et ce sera peut-être plus difficile ». Dès les premiers jours de la guerre, l’espoir de bâtir une nouvelle ère de paix a, en effet, agi comme l’un des principaux ressorts de l’acceptation de la lutte. Mais sa prolongation durant cinquante-deux longs mois et l’immensité des sacrifices qu’elle a imposés aux Français font désormais de la paix une aspiration viscérale venue des profondeurs du corps social et à laquelle la « paix des vainqueurs » de 1919 n’a pu répondre que de manière imparfaite.

L’obsession d’écarter à tout jamais le péril d’une nouvelle guerre explique alors l’énorme popularité qui entoure, dans la seconde moitié des années 1920, la politique d’Aristide Briand en faveur du rapprochement franco-allemand et de la réconciliation européenne, préfiguration d’une paix solide et durable. La décennie qui suit la Grande Guerre mérite ainsi d’être davantage considérée pour elle-même, en s’affranchissant de la tentation de tout regard rétrospectif qui n’envisagerait la période qu’à la lumière de l’évolution tragique des années 1930.

Loin d’être une sorte d’ »entre-deux », les années 1920 possèdent leur propre cohérence et leur propre virtualité, qu’illustre une floraison d’idées et d’expériences inédites dans tous les domaines de la pensée et de l’action. Une France nouvelle est bel et bien en train de s’inventer, même si ce n’est pas toujours sans angoisse.


Les invasions barbares – Une généalogie de l’histoire de l’art

Présentation de l’éditeur :

L’histoire de l’art a commencé avec les invasions barbares. Vers 1800, ces invasions sont devenues soudainement l’événement décisif par lequel l’Occident se serait engagé dans la modernité : le sang neuf des races du Nord, tout en conservant l’ancien, aurait apporté un art nouveau, nécessairement anti-romain et anticlassique, et dont l’héritage était encore manifeste en Europe. Ce récit fantastique, inséparable de la formation des Etats-nations et de la montée des nationalismes en Europe, se fondait sur le double postulat de l’homogénéité et de la continuité des peuples «étrangers» : il fit bientôt tomber les styles artistiques sous la dépendance du sang et de la race.

L’histoire de l’art associa ses objets à des groupes raciaux en s’appuyant sur quelques singularités visibles : tantôt leurs qualités «tactiles» ou «optiques» les dénonçaient comme «latins» ou «germains», tantôt la prédominance des éléments linéaires trahissait une origine méridionale, quand le «pictural» indiquait clairement une provenance germanique ou nordique. Les musées, pour finir, regroupèrent les productions des beaux-arts selon leur provenance géographique et l’appartenance «ethnique» de leurs créateurs.

Il serait parfaitement vain de chercher à démontrer que l’histoire de l’art fut une discipline raciste : elle ne l’aura été ni plus ni moins que les autres sciences sociales qui, toutes, furent touchées ou orientées par la pensée raciale visant à classer et hiérarchiser les hommes en fonction de traits somatiques et psychologiques qui leur étaient attribués. Mais, montre Eric Michaud, les liens qu’elle a tissés entre les hommes et leurs objets artistiques ne sont pas encore tranchés : l’opinion la plus commune sur l’art est qu’il incarne au mieux le génie des peuples.

Aujourd’hui encore, sur le marché mondialisé, la provenance ethnico-raciale exhibée des oeuvres – «Black», «African American», «Latino» ou «Native American» – donne à ces objets d’échange une plus-value estimable. Ainsi s’expose en permanence une concurrence des «races» qui n’est jamais que la même qui présida aux commencements de l’histoire de l’art.


Le choc des décolonisations – De la guerre d’Algérie aux printemps arabes

Présentation de l’éditeur :

Le temps semble loin où notre pays était un empire. Les territoires autrefois colonisés ont été rendus à eux-mêmes et sont désormais maîtres de leur histoire. C’est contre cette vision simpliste et historiquement fausse que s’insurge Pierre Vermeren : les révolutions arabes de 2011 et 2012 sont la conséquence directe, le dernier chapitre de l’histoire de la décolonisation.

De guerre lasse, dans un mélange de bonne conscience et de culpabilité, l’État et les élites de France ont laissé leurs successeurs à la tête du Maroc, de l’Algérie, de la Tunisie et des pays d’Afrique agir en toute impunité. Le silence et l’aveuglement de la France, mais aussi de l’Europe tout entière, ont permis dans ces anciennes colonies l’accaparement des richesses, la confiscation des libertés et la soumission des peuples.

Pierre Vermeren apporte aux événements les plus récents, qu’il s’agisse des explosions de colère au Maghreb comme de la lutte contre le djihadisme, l’éclairage irremplaçable de l’histoire.


Genèses du Moyen Orient – Le Golfe persique à l’âge des impérialismes (1800-1914)

Présentation de l’éditeur :

Au tout début du XXe siècle fut inventé ce « Moyen-Orient » qui aujourd’hui semble se défaire dans le sang sous nos yeux. Or, c’est du côté des Indes que l’on doit chercher l’origine de cette construction géographique, du côté des Indes parce que le « Moyen-Orient » est alors conçu comme l’ensemble des territoires gardant l’approche de l’Empire anglo-indien face aux menaces ottomanes, russes, françaises et allemandes. Mais cette invention ne peut se comprendre à la lumière des seuls enjeux politiques et économiques de l’âge des impérialismes. Elle procède d’une lente genèse qui eut, à partir de 1809, pour cadre l’aventure britannique dans le Golfe Arabo-Persique.

L’impérialisme britannique et anglo-indien, actif tout au long du XIXe siècle dans les eaux et sur les rivages de la péninsule Arabique, de la Perse et du nord de l’océan Indien, est au cœur de l’ouvrage de Guillemette Crouzet. Par la violence mise en œuvre contre des « pirates » accusés de perturber la libre circulation des biens et des hommes, par une politique systématique de traités conclus avec les pouvoirs locaux, par des grandes entreprises cartographiques marquant symboliquement une prise de possession spatiale, par une lutte acharnée contre des trafiquants d’esclaves qui légitimait les patrouilles de croiseurs de Sa Majesté, par le grand projet de création d’un route rejoignant par l’Euphrate la Méditerranée, Londres, Bombay et Calcutta imposent leurs règles, avançant peu à peu du détroit d’Ormuz jusqu’au Koweït. Dans ce contexte, les flux commerciaux, licites et illicites, augmentent, et le Golfe participe à une mondialisation croissante de l’économie ; ce sont alors autant de trafics de perles, de dattes, d’armes, autant de réseaux marchands et de connections multiples avec des espaces plus ou moins lointains qui se découvrent.

Guillemette Crouzet le souligne, certes l’or noir n’est pas encore exploité mais le Golfe Arabo-Persique a déjà acquis une centralité stratégique minorée jusqu’à présent par les historiens. Il s’ensuit que si le « Moyen-Orient » protège le « joyau de la couronne britannique » que sont les Indes, dans la géopolitique mondiale de la fin du XIXe siècle il est déjà en voie de s’autonomiser…


Sensible Moyen Age – Une histoire des émotions dans l’Occident médiéval

Présentation de l’éditeur :

Que peut-on savoir de la vie affective du Moyen Age ? Sur ce sujet longtemps négligé, les sources sont pourtant nombreuses : la littérature profane et spirituelle, l’iconographie, les chroniques, mais aussi la théologie et la médecine nous livrent mille indices sur la place des émotions dans la vie sociale. De la colère d’un puissant à l’indignation du petit peuple, de la honte démonstrative d’une sainte à la crainte de la honte d’un grand, de l’amitié entre moines à la souffrance à l’imitation du Christ, de l’enthousiasme d’un groupe de croisés à la peur d’une ville entière face à la guerre ou à la peste qui approche, les exemples sont multiples.

L’émotion n’est pas l’expression d’une confusion des esprits ni d’un chaos des règles sociales. Tous ces éclats de joie et de douleur, signes d’une humanité entière, produisent du sens qui ne se comprend que dans son contexte. Tout au long du millénaire médiéval, un modèle chrétien d’affectivité, élaboré à petite échelle dans les laboratoires monastiques, se construit, se répand, pénètre la société, tout en interagissant avec d’autres modèles, déjà présents ou en voie de construction parallèle, comme celui de la culture de cour.

D’où qu’on la regarde, on constate que l’émotion au Moyen Age irrigue les relations sociales, dans une diversité d’interprétations et une vitalité culturelle qui impressionnent.


Médiéval et militant – Penser le contemporain à travers le Moyen Age

Présentation de l’éditeur :

Aujourd’hui plus que jamais, la période médiévale est une mine dont sont extraits des exemples, des modèles et des grilles pour comprendre le monde actuel. Des nouvelles  » croisades  » jusqu’au terroriste Breivik  » le templier  » , en passant par la littérature Fantasy, le traditionalisme catholique et le marché touristique des fêtes médiévales, ce livre invite à voyager dans le  » Moyen Age contemporain  » .

Le Moyen Age de nos modernités fonctionne de manière ambivalente. Convoqué à travers le cliché des  » siècles obscurs  » pour expliquer les  » nouveaux barbares  » , le  » choc des civilisations  » et les terreurs de la fin du monde, il assume sous la forme opposée d’une utopie chevaleresque et fondatrice une fonction mythique pour de nombreux groupes politiques et communautés en quête d’identité. Cette actualisation du Moyen Age, cette  » invention des traditions  » a un nom :  » médiévalisme  » .

Analyser ce phénomène multiforme ne revient pas seulement à s’interroger sur notre rapport au passé. A travers cette clé, il s’agit d’examiner les orientations conceptuelles contradictoires d’un monde en crise.


Histoire de la douleur – XVIe-XXe siècle

Présentation de l’éditeur :

En tant qu’expérience subjective, la douleur est irréductiblement privée. Mais comme chacun le sait, la douleur se dit et la douleur s’expose. Dès lors, elle devient un phénomène culturel et social dont on peut étudier les formes et raconter l’histoire.

Malgré les profondes transformations historiques du rapport à la douleur au cours des cinq derniers siècles, celle-ci présente invariablement la structure d’un drame. Elle apparaît comme un état transitoire, un moment de rupture qui demande réparation. La personne qui souffre vit dans un état « liminal ». C’est vrai de don Quichotte, des pénitentes du XVIIe vivant à l’ombre des couvents, des vierges martyres du XVIe, des patients anesthésiés du XIXe, évoluant entre la conscience et l’inconscience, ou encore des individus affectés de douleurs chroniques et qui n’ont attiré qu’assez récemment l’intérêt des médecins.

Mais la douleur possède aussi toutes les caractéristiques de la représentation théâtrale : elle a des acteurs, une intrigue, une scène, des costumes, des accessoires, une scénographie, et bien évidemment, des spectateurs. Le théâtre de la cruauté, le théâtre anatomique, le théâtre baroque de l’imitation, le spectacle de la violence à l’époque des Lumières, le théâtre d’opération lié à la chirurgie dentaire et à l’obstétrique, sans oublier la comédie du masochiste – dans le drame de la douleur, il s’agit d’emporter la conviction d’autrui, et cela suppose de respecter à la lettre des règles admises de persuasion. C’est pourquoi l’histoire racontée dans ce livre s’organise autour des lieux communs (au sens rhétorique du mot) à travers lesquels le rapport à la douleur s’est construit : la représentation, l’imitation, la sympathie, la confiance, le témoignage, la correspondance, la narrativité, la réitération.

Javier Moscoso convoque une riche iconographie à l’appui de son argumentation et puise dans des sources littéraires, philosophiques, personnelles, religieuses, juridiques et médicales pour livrer une réflexion unique sur les transformations de la souffrance en Occident, sur la manière dont cette expérience naguère investie d’une signification religieuse est devenue un symptôme, et à ce titre, la marque d’un mal physique ou psychique à éliminer. À travers l’histoire de la douleur, il ne nous propose rien de moins qu’une profonde analyse sur la formation de l’individu moderne.